Tutundjian

Texte de :Gladys Fabre
Éditions du Regards, 1994
Monographie

Léon H. Tutundjian (1905-1968) est avec Ervand Kotchar et Ashile Gorky une des figures majeures de l'avant-garde arménienne. Fuyant les massacres de l'empire Ottoman, il arrive en France en 1923 après un court exode en Grèce et à Venise. A Paris, il est accueilli et encouragé par Kotchar et Kakabadzé qui l'introduisent dans le milieu artistique. Après quelques collages dans la mouvance du cubisme et un tachisme organique fort novateur, il délaisse l'infiniment petit cellulaire pour se lancer vers 1927/28 dans une abstraction cosmique, qui se mutera, en 1929, en reliefs non objectifs monochromes. C'est à cette époque qu'il se lie avec Hélion, Carlsund et Van Doesburg, expose aux Salons des Indépendants et Surindépendants, à l'ESAC (Amsterdam, 1929), à Art post Cubiste (Stockholm) et fonde avec eux trois le groupe Art Concret (1930). Bien que membre d'Abstraction Création en 1931 et 1932, il est déjà tenté par une figuration surréaliste proche de Dali qu'il associe à une symbolique maçonnique. Ce n'est qu'en 1958 que l'artiste renoue avec l'abstraction en exposant chez Colette Allendy.

Cette première monographie a eu le mérite de faire connaître l'originalité de son parcours et de son oeuvre abstraite, non-objective ou surréalisante. Tutundjian en son temps a fait l'admiration de collègues devenus par la suite plus connus que lui comme van Doesburg ou Hélion, ou encore a influencé leur début comme le reconnaitra Calder. La reconnaissance par ses pairs, peu enclins à la complaisance, attestent souvent de la qualité.

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